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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 16:17

 

 

DISSONANCES 23

aura pour thème

  "superstar"e

  

Mon beau sapin © Mehryl Levisse

 

 

les textes 

(inédits, format word, max. 7000 signes espaces compris)

sont à envoyer

à

dissonons@yahoo.fr

avant le

20 juillet


Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:53

 

 

Dissonances 22

 

Ce numéro a été mis en images par Mehryl LEVISSE

 

 

EDITO 

    

Rituel, extase et café noir

 

Liturgie anodine du matin entre tartines beurrées et café noir, envoûtement nuptial avec robes blanches et cantiques, conditionnement pavlovien, danses de houri en quête d’extase, ritournelle poussiéreuse des dimanches de la vie, poème mystique, parole creuse, temps plein, temps mort. Nos rituels sont de feu, de paille, ils cimentent nos actes et leur donnent la puissance d’une opération magique ou nous font sombrer dans l’anéantissement quand ce qui nous relie n’est plus qu’usage et protocole. Eternel dilemme du fond et de la forme : si le rite se construit sur la répétition, sa force se mesure à l’aune d’une adhésion qui en régénère sans cesse la vie. Et puisqu’il n’est que partition, sa vérité dépendra de ceux qui l’interprètent. Ce nouvel opus réunit donc une vingtaine de solistes pour un concert - pour profanes et initiés - de rituelstour à tour légers, graves, hermétiques, provocants, réjouissants, simples, absurdes mais toujours habités. Puis - l’occasion est belle - profitons-en pour entonner quelques notes d’Happy Birthdaypour Dissonancesqui souffle là ses dix bougies, augmente de huit pages et, tenue de soirée oblige, s’habille d’une nouvelle maquette !

 

Côme FREDAIGUE

  

SOMMAIRE: 


Dossier : « Rituels »

 

Démaquillage (Jean AZAREL)

      "Comme d'habitude, tu t'es réveillé à trois reprises dans la nuit. Une fois parce que quelque chose dont tu ne te souviens jamais au réveil..."

  

Dimanche et (Marianne DESROZIERS)

      "Dimanche et son odeur de pain frais. Dimanche et l'enfant qu'il a été. S'ennuyant ce jour-là car il n'y a pas école. Demandant quand est-ce..."

 

Catching Else 22 (Else YNORE)

     "1. J'ai toujours eu un faible pour les personnages sur le mode mineur. Endosser des rôles secondaires est un excellent moyen de se faufiler ..."

 

(ré)génération (Yannick TORLINI)

     "se vomir. comme je me réveille. se vomir. se réveiller. se vomir. se réveiller. sans cesse. comme un miroir. se réveiller. se vomir. mouvement..."

 

Autel d'une dépouille vive (Tristan FELIX)

     "Elle avait donné son corps à la science comme elle se serait donnée au miroir de l'universelle déraison. Elle s'était, vivante, peu à peu révulsée, fleur..."

 

La fosse aux songes (Ariane GELINAS)

     "Trois-Rivières, le 18 juin. Ce matin, je n'ai aucun rêve à noter. Il s'est toutefois produit un phénomène singulier lorsque je me suis éveillé. J'étais..."

 

Protocole amoureux (Frédérick HOUDAER)

      "pigeon à moignon

       sur le rebord de la fenêtre..."

 

Les petites choses (Marlène TISSOT)

      "Les petites choses qui se glissent sous la peau des jours, celles qui démangent la pensée puis qu'on oublie, celles qui bourdonnent des histoires dans..."



Vies incertaines et petites morsures (Lionel FONDEVILLE)

      "Certains arrachent avec les dents de petits morceaux à la peau de leurs doigts, visant surtout les pouces près de l'ongle, et ne s'arrêtent qu'au..."

 

Cahier des charges (Christophe ESNAULT)

      "Note 1 : Pour la formule d'accueil, quand vous aurez sonné et qu'il ouvrira, dites « Olivier, c'est le cadeau de Trente millions d'amis ». Evitez toutes..." 

 

Coupures (Arnaud TALHOUARN)

       "I. (Tu

       questionnes, c'est vrai, et moi..."

 

Ecrire, Ecrit, Ecrits (Laura VAZQUEZ)

      "Ecrire Ecrit Ecrits Ecrire Ecrire Ecrire l'après-midi, Ecrits, Ecrits, Ecrire aussi, Ecrits aussi le soir, le soir Ecrire, Ecrire, battre de ça..." 

 

U n (Philippe JAFFEUX)

      "Notes : La lettre N, intitulée «L'énième», est composée de 26 carrés de 14 centimètres (et donc d'une superficie de 196 cm2). Chaque carré..."

 

Chiropractor holocaust(Méryl MARCHETTI)

      "Ses parents n'assistent pas à la fête qui suit. Avant l'aube, le garçon est conduit dans la brousse pour être circoncis. Il reste assis, les yeux..."

 

Hommes (Catherine BEDARIDA)

      "épaule à épaule à épaule à épaule

       contact collectif corpulent croire... "

 

Ballerina (Paul ELISIA)

      "A cet instant précis, la mort fond sur elle avec ses ailes bleutées et son visage d'ange. Elle lance un regard circulaire sur le paysage et le..."

 

Nouveaux rites de l'année liturgique (Marc BONETTO)

     "1er dimanche de l'Avent - Contempler le processus de défragmentation d'un ordinateur ; admirer les changements de couleur : à la fin..."

  

Gammes(fm+emd:Mutants Anachroniques)

     "Fausse l'idée répandue selon quoi avant l'avénement du disque, du MP3, la musique n'apparaissait qu'au jour du concert – le vrai « concert », avec..."

 

 

Rubriques :

 

Questions à : Valérie ROUZEAU

 

Regards croisés sur : « Blesse, ronce noire» (Claude LOUIS-COMBET)

 

À suivre : six oeuvres lues et approuvées

 

À lire à voir à ouïr (nos auteurs ont aimé…)


Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:43

 

Les petites choses 

 

Le tricot © Mehryl Levisse


Les petites choses qui se glissent sous la peau des jours, celles qui démangent la pensée puis qu’on oublie, celles qui bourdonnent des histoires dans notre sommeil et qu’on chasse au matin d’un revers de main, qu’on noie dans le café, le boulot, la liste de courses, la mousse à raser, le rimmel, les idées noires, les tartines de pâté.

Les petites choses qui battent des ailes à l’intérieur de nous, qui cherchent la lumière, qui cherchent une issue, qui s’affolent dans notre corps-prison. On les sent là, qui rampent et volent et tissent leur toile dans les recoins.

On ne s’inquiète pas plus que ça. On les écarte d’un coup de balai. On se dit qu’elles finiront bien par crever. On suppose qu’on leur survivra, qu’il suffira d’un coup de talon pour les écraser. On croit les enfumer avec nos petits rituels quotidiens. Parfois, on pense s’en être débarrassé pour de bon. Et puis un jour ou l’autre, ça se remet à démanger.

 

 

Marlène TISSOT

Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:32

 

Nouveaux rites de l'année liturgique

Bénédiction pontificale A.V. 696969

 

La monture © Mehryl Levisse

 

1erdimanche de l'Avent Contempler le processus de défragmentation d'un ordinateur ; admirer les changements de couleurs ; à la fin, pousser un cri de joie devant cette merveille technique.

 

Noël Transformation de Jésus le Christ en nietzschéen pur jus.

 

Épiphanie Électrifier les guitares sèches. Qu'elles oublient Jésus revient(pourquoi reviendrait-il ?) au profit de I want to break free,Bohemian rhapsody, Bicycle race,We will rock you,de Queen. (Freddie Mercury fut prophète.)

 

Soldes d'hiver (mi-janvier à mi-février) Vêtir le prêtre du nouvel ornement sacerdotal à la mode : le string noir barré d'une croix rose.

 

Mardi grasIntronisation de la papesse Jeanne, Pierrette ou Paule. Une femme, oui, une femme à la tête de l'Église !

 

Dimanche des Rameaux Ouverture de la semaine sainte avec la Marche des fiertés (ex-Gay Pride) au Vatican, le Souverain Pontife en invité d'honneur.

 

Lundi saint Remplacer les gardes suisses par des chasseurs massaï, diablement plus efficaces et d'une élégance à damner la vierge Marie.

 

Jeudi saint Changer le vin eucharistique en vodka-orange.

 

Vendredi saint Substituer à la crucifixion le pal godemiché.

 

Samedi saint Cueillette des olives au jardin de Gethsémani. (C'est pas la saison ? T'inquiète, avec le réchauffement climatique, on y arrive.)

 

Pâques Processionner cul nu, bite au vent, le long d'un chemin d'extase, non de croix.

 

Lundi de PâquesÉcouter en boucle l'intégrale Cloclo. (Pénitence infligée aux mauvais coucheurs.)

 

Ascension Parfumer les hosties à la ganja.

 

Pentecôte Messe en volapük incarné, en sabir, en espéranto.

 

Saint-Arzan (30 juin) Utiliser comme liane l'ostensoir géant de Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Sainte-Marie-Madeleine (22 juillet)Que la femme adultère devienne un modèle pour les candidates au mariage.

 

23 juilletPendantqu'on y est, lui décerner la médaille du Mérite agricole.

 

Assomption (15 août) Instituer le culte de la pute vierge.

Saint-Gilles-de-la-Tourette (1erseptembre) Blasphémer au quotidien : retisser la toile de nos vies enchevêtrées dans la désunion.

 

Toussaint (1ernovembre)Béatification de Donatien Aldonze Françoise, marquis de Sade.

 

Fête du Christ-RoiCondamner Barabbas. (Un peu de justice, que diable !)

 

 

Marc BONETTO 

Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 19:46

 

 

Dissonances 21

 

 

Ce numéro a été mis en images par Pauline DUNAND

 

 

 

EDITO  

 

Parés à plonger ? 

        

Funambules, nous sommes : posés à la naissance sur le fil de nos vies, yeux bandés - heureusement - hilares ou tremblants nous poussons nos carcasses au-dessus du néant. Ce vide inévitable grand ouvert sous nos pieds et au-dessus duquel nous chantons et dansons, nous consacrons nos vies à tenter d’oublier qu’il est là et attend - tant sont déjà tombés tombent et tomberont, et nous sommes ainsi faits que même les plus sages ne sont pas trop pressés. Il est partout pourtant, ce vide lancinant qui se rappelle sans cesse, sous mille formes cocasses, tragiques, quotidiennes, à nos esprits inquiets. Alors sans cesse on comble pour ne pas trop penser : on s’active, on s’enivre, on prie, on fait du bruit... par exemple on écrit comme les dix-neuf auteurs qui se penchent ici sur les vides de nos vies, y plongeant crânement - légèrement, gravement - leurs plumes comme on dit… des plumes, c’est cela, et déployer ses ailes, s’élancer, s’envoler... le dominer, ce vide, y échapper un peu car c’est le conjurer que faire face et y aller : l’élastique à la patte - sensations assurées - respirer et sauter : et si vous vous lanciez ?

  

 

Jean-Marc FLAPP

 

 

SOMMAIRE :  

 

Dossier : « le vide »

 

Carnet des antijours (Derek MUNN)

         "Leudi. Quand j'ai quitté l'hôpital le soleil a obliqué, le monde m'a tourné..."

  

...   (Isabelle GROSSE)

         "rien zéro / queue dalle / nada de nada..."

 

Diversion carcérale (Isabelle GUILLOTEAU)

         "Tu as couru essoufflée tes talons écorchés par les pierres pourtant..."

 

Saut de l'ange (Jean-Marc FLAPP)

         "puisqu’il n’y a plus rien étendu sur le dos et les yeux au plafond..."

 

La vida l'ennui (Catherine CHANTILLY)

         "Il adore écouter la musique. Surtout sur l’ordinateur. Il y a des images..."

 

Le quart d'heure syndical (Thomas VINAU)

         "Les petits matins tièdes comme une agonie, à tourner la touillette..."

 

Anaéro'bic (Nicolas VARGAS C.)

         "rienriendutoutnadawaloupaslapeinepaslapeinedallerplusloinvouspouvez..."

 

Mes chers concitoyens (Françoise BIGER)

         "dans le cadre d’un développement pérenne les enjeux sont considérables..."



Noli me tangere (Marina LOUVETTE)

         "Nous sommes une fille sublime. Nous sommes imparfaitement belle..."

 

Alexie (Kaliane UNG)

         "ce n’est pas une histoire / d’amour / non / pas une histoire / peut-être..." 

 

Vidé (Nicolas BRULEBOIS)

            "Après un dernier cri, je me suis affalé sur elle, à bout de forces..."

 

Semper eadem (Véronique DECAIX)

            "Et je me plais à imaginer ce que ce sera après et ce qu’on pourra..." 

 

V   (Philippe JAFFEUX)

            "rnement d’un enVol Vers la périphé  rie d’une ligne pistée ! une épître..."

 

Une chronologie de 7 pensées altérées (Rosa YEMEN)

            "Tel 1 enfant mis sous tutelle l’idée de Cracher Ecumer Râler n’a plus de sens..."

 

Inspiration (Thibault MARTHOURET)

            "Sous la lave de l’instant, la lymphe brute de la perte... "

 

Soleil balsamique (Isabelle MAYAULT)

            "Un rat survit après avoir laissé son sang sur le sol d'une cuisine..."

 

Les poches pleines (Charles SINGHER)

         "L’après-midi toléré / avec la patience de la lumière qui penche..."

  

Une année ici (Alain CONDRIEUX)

         "Comme une carte géographique : on ne peut vraiment s’en servir que si..."

 

L'inépuisable vide d'Antonin Artaud (Pascal GIBOURG)

            "Dans une formule que l'on pourrait trouver banale, Antonin Artaud parle..." 

 

 

Rubriques :

 

Questions à : Abdel Hafed BENOTMAN

 

Regards croisés sur : « Le Park » (Bruce BEGOUT)

 

À suivre : six oeuvres lues et approuvées

 

À lire à voir à ouïr (nos auteurs ont aimé…)

 

 

Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 18:08

 

Soleil balsamique 

© Pauline DunandUn rat survit après avoir laissé son sang sur le sol d'une cuisine. Derrière une rangée de pivoines jaunes et oranges, des gens en costume parlent portugais. Fleurs et costumes égayent un balcon étroit avec vue sur un ciel figé. Les ouvriers sur le toit voisin suivent des yeux, menton vers le haut, rétines à la merci du soleil, des jambes nues qui cherchent à brunir. Deux cents japonais courent dans une rue déserte et effrayent un type qui sort sa poubelle. Jeanne Moreau jeune a déjà les joues qui tombent. Un klaxon parvient jusqu'à la chambre – d'un bateau, d'un camion ? Un chat sourd de l'oreille gauche fait des tours sur lui-même sans comprendre d'où vient le bruit. Elle dit : « Je n'ai plus peur de l'avion quand on est ensemble. S'il arrive quelque chose, nous partirons en paix ». Le jour éclaire la mer, les pins et l'horizon ; tout est bleu, vert et jaune. Des poils poussés trop vite sous une arcade sont arrachés pendant qu'une bouteille de Pommerol attend d'être dépoussiérée et bue. Une cuillère léchée à la va-vite repose sur un bureau bon marché. Des avions passent haut entre les immeubles avec un bruit de moteur sec. Jeanne Moreau roule par terre sous le poids de Mastroianni et crie qu'elle ne l'aime plus. Des carrés de lumière ornent comme des pochoirs les tables du salon, les affiches se décollent lentement des murs. Six mois d'été finissent. Un homme maigre fait s'entrechoquer des tasses de café arabes qui sonnent comme des cymbales. Son râle perce l'air du soir. Un oiseau s'est posé sur un câble électrique, immobile comme une pince à linge, haut sur fond jaune, bien au dessus de la cime des arbres. Une femme en tenue d'intérieur s'appuie avec lourdeur sur la rambarde de son balcon où traînent un balai, une bombonne de gaz et un arrosoir. Carmen Maura fait un gaspacho remarquable. Les voitures qui traversent la rue dans le sens de sa longueur font trembler les immeubles qui la bordent. Le vent porte les voix du muezzin et des pompes à eau jusqu'au large. Aujourd'hui, les ombres sont rares. Entrées de parkings, halls déserts et voitures abandonnées à la poussière jalonnent une rue sans éclairage. La tombée de la nuit est une bonne excuse pour commencer à boire. La nuit les gens sont violents. La lumière d'un néon donnerait à n'importe qui l'envie de frapper sa femme. Des cris franchissent la cloison. Les casseroles volent, une quantité importante de verre est écrasée, mais la ceinture ne claque pas. Ce soir, c'est elle qui n'en peut plus. Ce soir, c'est elle qui aimerait vivre dans un pays où le divorce est légal. Les pépiements des arbres en contrebas imprègnent l'espace comme un mantra. Quelqu'un avait annoncé la fin du monde pour hier. C'est un jour à balancer des valises par la fenêtre. Jeanne Moreau les cheveux mouillés est presque belle. Yeux plissés en quête de jambes se croisant se décroisant sous un tissu léger, les ouvriers font une pause. Leurs pantalons et leurs tee-shirts sont sales. Ton père est riche, ta mère est belle, c'est l'été et vivre est facile.  

 

Isabelle MAYAULT 

 

 

Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 17:24

 

Anaéro'bic  

© Pauline Dunand

rienriendutoutnadawaloupaslapeinepaslapeinedallerplusloinvouspouvezsivousvoulezmais

verrezrienyarienriendutoutduvideouplutôtdubazarpasdespacerienriendutoutpasdairpasde

videpasdespacecetespacequilfautpourrespirerallezvousenvousallezsuffoquervousennuyez

rienàentirersinonrienallezvacommeunamiunfrerenimportequoidumomentqueçaprendraitici

delaplacejevousledisallezvousallezperdrepatiencevotretempsvotreairvotreplacelairdevos

yeuxlairderienetvousdirefinalementilavaitpastortlétaitpassimauvaisaufondvoulaitjustefaire

untrucsurlevideaumilieuduntrucouyennavaitpasalorsvousallezessayerpeutêtrecommeçapour

ycroirepourdefauxpourattendreperdredutempszaviezrienprévudautredeplusinteressantàfaire vousvoulezquoipasserletempsvousconvaincrequevouspouvezquevouspouvezfairequoi finalementallezjetezjetezlépongeyarienrienàvoirallezvousenpartezdégagezputainmaisquoi vouscroyezquoiquejevousmensquejevousmensenplusvousmetraitezmemenacezmettezmon honnêtetéencausemaisçavapasvousvousvoulezquoiménerverquejecraquequejemecasseque

jefassechaisevidedelaplacedelairplutotcrevercestmaplacemonendroitjeloccupelaremplit

commejeveuxetjelaveuxpleinesaturéeovertheblockçaseracommeçapourparlerderienduvide

jesaispassicestpareilmaispourqueçaressemblelesmotsauxchosesquelepipisoitjaunelafumee

blanchelherbeenverttoutpetittoutfinetceteraetceteravousvoyezquoiallezprenezunpeudair

dereculyavaitrienàvoiràfaireàapprendreàtireràentirersicenestlapirouettecacahouettelimage

limpressionlemessagetoutpetitcommelesgrosmotsquilfaudraitquilsoientgrosicilevideilsécrirait

avecpleindepasvideautourcausequesinonçaseraitcompliquéenfaitlevidecestleseulouleplus

ouundesmotslespluscompliquéssitenlevelesymboledesmotsouquetessaiesdepenserautrement

faudrait pasdéconneronvapassarrêterdepenseraprèsjaipasditquecétaitleplussimple

mapropositionmaisonenreviendradelefficace.

 

 Nicolas VARGAS C.

 

Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 14:43

  

 Dissonances 20 

 

Ce numéro a été mis en images par Milady RENOIR 

 

EDITO  

 

Cartographie de(s) maman(s) 

          

Chez le psychanalyste, elles ont tous les torts : surprotection, étouffement, castration symbolique, inceste latent… la liste est longue. Quinze auteurs ont été retenus pour donner à entendre l’écho de leur cri primal et la photographe Milady Renoir nous offre quelques-unes de ses  visions.

 

TA MAMAN VA ADORER

 

(stratégie marketing : parution pour la Fête des Mères)

 

Méfiez-vous tout de même : la mienne (ma maman) déteste Dissonances (« Ceux qui lisent ça sont des pervers »). Peu de sexe ici mais beaucoup trop pour ma maman. Je parle trop de ma maman. Je ne veux pas vous saouler plus longtemps : place aux polytraumatisés, aux rescapés, à la marmaille, aux angles d’attaque surprenants et subtils.

 

Message personnel : Maman, rien pour toi n’est plus excitant que la page décès de Ouest France (et le bulletin paroissial) mais Papa lit Dissonances en cachette à quatre heures du matin (il sait que si tu le surprends dans sa lecture, tu vas lui faire un sketch : « Ta mère va encore m’agonir »).

 

 

Christophe ESNAULT

 

 

SOMMAIRE :  

 

Dossier : « maman »

 

Mammifère (Alban LECUYER)

 

Je veux (Guillaume DECOURT)

 

Billets doux (Dominique PASCAUD)

 

Les mères invisibles (sabine HUYNH)

 

Toi (Gisèle PREVOTEAU)

 

Mamanville (Derek MUNN)

 

Echo(-graphie) (Catherine YSMAL)

 

Mon cul c'est de la porcelaine (Lionel FONDEVILLE)

 

Dolentem cum filio (Lionel-Edouard MARTIN)

 

La malangue (Yannick TORLINI)

 

Victor Newman (Dorothée JUMEAU)

 

Depuis des générations (Les AMANTS GLUANTS)

 

Aurore (Marc BONETTO)

 

La naissance (Philippe DI MARIA)

 

Débordement (Ed ANON)

 

Troisième visite (Sophie ADRIANSEN)

 

L'accord (Eric PESSAN)

 

Blâme funèbre de la mère (Philippe BLONDEAU)

 

 

Rubriques :

 

Questions à : Mathieu RIBOULET

 

Regards croisés sur : « Madman Bovary » (CLARO)

 

A suivre : six oeuvres lues et approuvées

 

À lire à voir à ouïr (nos auteurs ont aimé…)

 

Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 14:42

 

La naissance

 

-- Escape -- ©Milady Renoir

    

…et le sort en est jeté ici ailleurs partout là est-ce toi hier qui apporta l'amour que je n'ai pas saisi à ce moment quand j'essayais de sentir l'éclat d'étoile en toi est‑ce toi ou est-ce l'autre à côté de toi ou est-ce l'autre à côté de l'autre qui est toi que je dois aimer quand j'ai écouté Maman sur tes lèvres rousses de Mars j'ai lu ton cœur silex j'ai écouté ce qu'est l'amour dis-le dis-le moi transmets-le moi injecte-le moi inocule-le moi avec la luciole de ton iris seringue dont j'ai vu briller l’érubescent acier dans la lune de ton regard sélénite parmi les regards des autres regards des autres femmes des autres mères e lucevan le stelle se souvenir de tout pour trouver quand tout a commencé à commencer par ce moment crucial de ma naissance d'où sourd la question de savoir si tu étais déjà là au départ si ton essence suintait en moi dès ce moment précis de ma naissance puis s'est endormi jusqu'à l'étincelle d'hier si c'est ton sourire qui réveilla la semence ensommeillée je veux savoir si l'amour est le siamois dissimulé de l'existence qui attend ainsi que sonne son heure au seuil des sentiments ou est-ce ce silence qui se manifeste sans arrêt et c’est ainsi que les choses sont faites ça y est je suis là tu me dis réveille-toi tête dure cœur assoupi c'est l'heure de battre plus fort plus intensément tandis que je pense est-ce ainsi que l'amour existe en nous là enfoui en nous depuis la source espion qui attend le moment qui est le moment où tu m'as souri hier où j'ai vu la lumière qui annonce la naissance de l'amour qui toujours en moi fut présent ou est-ce autre chose une pièce qui manque à l'édifice de l'existence une pièce distribuée par erreur à une autre personne qui un jour par hasard la rapporte si c'est toi qui a la pièce manquante et qui l'insère là où est sa place et est-ce le morceau perdu que ce sourire hier est-ce lui qui complétera la réalisation de mon être et comment puis-je le savoir si c'est bien toi que j'attends le temps où fut mise la semence qui devait croître jusqu'à ce jour où j’arrive où tu m'as souri où tu m’as nourri de ton sein où tu m'as dis c'est toi que j’attends depuis tout ce temps sans le savoir depuis ta naissance je veux que tu naisses à l'amour hier demain toujours ce jour par mon sourire que ton esprit sente que chaque battement de ton cœur me contienne que chacune de tes respirations soit issue de mon souffle dans chaque mot que tu prononces dans chaque son que tu entends que je sois tout ce que tes yeux voient reflète l'image de mon image que ta première pensée au sortir des rêves soit pour moi en toi toi que je sois ta sève sensible que glissent tes larmes gelées pâles limaces de glace et le soc de tes paroles issus de tes lèvres que je ai embrassées hier quand tu m'as dis sous l'étincelle d'un regard brasier universel où les mots semer s'aimer s'immolent dans l'incendie des sens où tout devient l'amore che move il sole et l'altre stelle et moi j'ai dit non je ne sais pas encore... 

                                                                                                                           

Philippe DI MARIA

 

Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 14:22

 

Depuis des générations

 

 -- Atavismes -- ©Milady Renoir

  

 

le prof 2 bio ma colé 3 h c dgueu

 

Dès le texto affiché, Madame De Genlis écourte sa réunion et prend un taxi pour se rendre au collège. Elle demande à parler immédiatement au principal. Exige des explications. Alexandre a été dissipé et insolent envers son professeur, la punition est totalement justifiée, affirme le chef d’établissement. Mais elle ne l’entend pas ainsi. Sait-il à qui il s’adresse ? Elle déballe ses références : formatrice à l’IUFM de Blois, enseignante à Paris VIII. Elle a publié plusieurs livres très pointus en sciences de l’éducation. Son fils est un excellent élève. Le professeur qui l’a collé est vraisemblablement un piètre pédagogue. Si ses cours sont ennuyeux, il est normal que son fils soit peu attentif voire réfractaire à l’autorité incompétente. C’est même bon signe… Une sanction injuste pourrait donc entraîner des répercutions dommageables sur l’esprit critique d’Alexandre. Je conçois qu’en général la confrontation à l’injustice puisse être salutaire à titre d’expérience pour la majorité des individus, mais Alexandre est un être particulièrement précoce et doué, aussi il n’a pas besoin de cela pour bâtir sa personnalité.  Sachez que depuis des générations, personne, entendez-vous, personne n’a jamais été puni dans notre famille, JAMAIS ! Le principal reste ferme et maintient la punition. Ça, c’est sûr, vous allez entendre parler de moi. Ça ne se passera pas comme ça ! On ne sanctionne pas impunément un De Genlis, ça ne s’est jamais vu.  

 

suis grav vnr ! je kroi ke tu va changé de bahu

le pr1cipal è 1 sal batar on va lui niké sa race



 

                                                                                                                           

Les AMANTS GLUANTS

 

Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 20:22

 

Blâme funèbre de la mère  

  -- Les violences invisibles -- ©Milady Renoir

Vous nous aurez gâtés de vos tendresses, au fond. Nous étions si bien, crucifiés au calvaire de vos membres profonds et doux, que nous aurons mal résisté aux exigences plus rudes d’un âge d’homme, comme on dit. Vos gestes tout penchés, votre visage à l’air vague auréolé d’un ennui supérieur, vos mains berçant nos corps de pauvres christs tordus, semblables à ceux qu’on voit dans des églises de province égarées, tout cela nous aura dès longtemps préparés à la passion des faibles.

Puis, tout à coup, vous nous avez manqué. Vous vous étiez détournée ; vous nous aviez oubliés et, à votre place, plus rien qu’une tache grattée sur une vielle photographie d’enfance. Pourquoi avez-vous fait de votre absence ce trou noir par où pendent des bouts de néant ?

Nous vous en voulons de n’être plus là, et nous vous en voulons pourtant de votre présence éternellement attachée à nous comme une loque. Vous nous avez laissé avec votre ombre un vêtement de trop qui nous embarrasse ; vous nous avez laissé, comme un souvenir de votre enveloppe première, le goût des corps et des sommeils prolongés. Vous nous avez condamnés à force de douceur à être le double d’une femme, hésitants, allant et venant comme on entre et sort d’un paysage ; vous nous avez invités à écrire notre histoire sur des brouillons de chair, à dormir entourés de linges blancs de peau dans des nuits molles et apeurées.

Mère, ne souriez pas de nos pauvres exactions. Nous aurons été fidèles malgré tout. C’est bien à vous que nous pensions par un après-midi de neige inouïe sur un jeune seuil de bras neufs et, comme si être nus nous donnait dix ans de plus, nous sentions quelque chose d’aussi doux qu’une enfance passer entre notre propre corps et cet autre, là, dont nous éprouvions tout à coup l’étrangeté prochaine. C’est à vous que nous pensions alors, à vous qui n’aviez pas su vous faire oublier quand peut-être il l’aurait fallu..

Maintenant que nous sommes seuls avec le froid qui nous recouvre d’une doublure de pensées indécises, nous ne vous survivons pas, en réalité. Nos silhouettes s’arrondissent et s’estompent déjà, éventées par vos ailes d’ange imparfait. Car vous étiez un ange, dans votre dévotion continue aux bêtes ou aux fleurs. Mais à quoi les fleurs sont-elles bonnes encore, dira-t-on ?

Nous finirons comme nous avons commencé, emprisonnés dans ce halo de chair indifférente et bonne que vous avez toujours été, simple image perdue au fond de la mémoire comme au fond d’un grenier cadenassé d’infini.

Décidément, le tombeau des mères est un destin à ciel ouvert.

Quand même, nous aurons fait pour vous, avec nos mains, une poésie d’homme.

 

Philippe BLONDEAU

Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 15:38

 

  

Dissonances 19

 

Ce numéro a été mis en images par Lionel FONDEVILLE

 

 

EDITO  

 

 Idiolâtrie

 

         Ce qu’il y a de remarquable chez l’idiot, c’est qu’on le remarque. L’individu n’a pourtant rien d’exceptionnel : ni génial, ni fou, il est étonnamment banal, et ce qui le distingue - cette singularité qui lui tient lieu d’identité - n’entretient qu’un mystère ordinaire. On ne l’exclue donc pas, il reste de la famille ou du village, semblable invraisemblable somme toute rassurant qu’on regarde comme la paille dans l’œil du voisin avec ce qu’il faut de compassion - c’est bien le moins qu’on lui doive. Comme les pénates antiques, on lui fait une petite place, s’il reçoit son obole, c’est qu’il protège la maisonnée, conjure le mauvais sort ; on lui rend grâce de nous dédouaner d’un regard introspectif par trop mortifiant. L’idiot c’est toujours l’autre et c’est très bien comme ça !

         Encore faut-il qu’il accepte d’être dupe car il n’est pas nécessairement stupide et sa logique paradoxale pourrait nous prendre en défaut.

         - Si tu savais ce que tu es idiot !

         - Si je le savais, je ne le serais pas. Si tu me le dis, je le sais et ne le suis donc plus, tu me suis ? Non ? Vraiment ? Ce que tu peux être idiot...

         Mais brisons là et que raisonne cette voix dissonante que rien ne saurait arraisonner : ce 19ème opus encense l’insensé et sacrifie au culte de l’Idiot.

 

Côme FREDAIGUE

 

 

SOMMAIRE :  

 

Dossier : « idiot »

 

Chups (Michelle MARTINELLI)

 

Neuneux et plaisants (Méryl MARCHETTI)

 

Hors du dedans (Diane MEUNIER)

 

Esquirol, département Matisse (Thomas ROUSSOT)

 

« Que dire de toi ? » (Sébastien KARKOSZKA)

 

L’idiot du stade (Barbara ALBECK)

 

Le caillou de Brazzaville (Virginie HOLAIND)

 

Le gars assis à côté de moi dans l’Eurostar (Marlène TISSOT)

 

Les travers (Dominique PASCAUD)

 

Reduced Britney Spears (Alban LECUYER)

 

Suites (il)logiques (Isabelle GUILLOTEAU)

 

Laisser la langue filer (Etienne DIEMERT)

 

Bec de seau (Anne PESLIER)

 

Idiot moi-même (Emmanuel VASLIN)

 

Alexandre (Catherine YSMAL)

 

Chanter pour les merles (Guillaume SIAUDEAU)

 

Triple idiot (Patrice MALTAVERNE)

 

La bêtise des astres (Nicolas SCHOENER)

 

Après les inventions (Ernesto CASTILLO)

 

Top rengaines (Lionel FONDEVILLE)

 

Salsifi Day (Jean-Marc FLAPP)

 

L’idiot (Tristan FELIX)

 

Rubriques :

Questions à : Lucien SUEL

 

Regards croisés sur : « Berthe pour la nuit » (Antoine MOUTON)

 

Fenêtre sur : la revue N4728

 

À lire à voir à ouïr (nos auteurs ont aimé…)

 

Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 15:24

 

décatéléscopalage

 

  08

 

Toutàcoup j'étais plus là...

        toutàcoup je me suis éveillée etje n'étais plus là...

 

                                toutàcoup j'étais là et me suis endormie

    soudaincoup je me suis rendormieplus et

 

                                 j'étais là toutefaçon j'étaislà et pas

        làetpuisoudain jeserailà et m'étaiséveillée

                                        alorsetpuis je dormais et mesuisendormie éveillée

et j'étais paspaslàlàlàlà itounon plus

         etoutapuis j'étais encorelà et ...

 

                    alorsquandalors je suis revenue jedormais pas

    en étant encorlà oùj'étais pas et j'aidit

àceuxqu'étaientdéjàpaslà : «je reviendrai...

 

                    quand j'yserai»

 

       etquand'uncoup ilsyontété moi je suis partie

                                                    réveillée oupas oupas...

 

    c'estquand alors qu'ilssont revenus etmoi

            j'étais làpaslà

                    paslàmaisdéjàlàencore

 

                                eteuxaussi d'abord 

                                                            etpisc'est tout...

 

                                                                                                                       Diane MEUNIER

Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 15:22

 

Suites (il)logiques : Sur la fontanelle

 

09Tu as un mois. C’est notre premier tête à tête. Je suis un peu intimidé, inquiet à l’idée de tout ce qui pourrait arriver. Je suis ton père mais je ne sais pas vraiment comment faire... Ta mère a tout prévu : ventre plein, couches changées, tu n’aspires à rien d’autre qu’à mes bras qui te bercent. Tes yeux se fixent sur ma main qui joue les marionnettes. Du bout de mes doigts hésitants, je redessine tes traits, m’attarde sur la commissure de tes lèvres, chatouille ta fossette. Il me semble lire un sourire. Ta tête repose dans le creux de ma paume qui effleure le fin duvet de ton crâne. Ta fontanelle se soulève au rythme de ta respiration. Je suis impressionné par son aspect souple, malléable. Je sais la fragilité de cette zone, le risque lié aux chocs, tant que tes os ne sont pas soudés. Ta bouche soudain se tord, grimace et laisse échapper un cri. De quoi peux-tu souffrir ainsi lové dans mes bras ? T’aurais-je caressé avec trop d’ardeur ? Mes doigts t’auraient-ils pincé, serré ? Et s’ils s’étaient enfoncés dans ta fontanelle ? Comment savoir ? Si pour un geste de tendresse trop appuyé, j’avais hypothéqué ton avenir ?... Quand les médecins diagnostiqueront ton retard psychomoteur, je reverrai ce premier moment de complicité où j’ai osé une caresse. Je n’ai pas fini de le payer. Mais n’aie pas peur, je ne t’abandonnerai pas. Quelles que soient tes séquelles. Je ne craindrai ni tes yeux vides, ni ta langue ptôsée; je saurai nourrir ta bouche béante, soutenir ta nuque atone. Mon existence tout entière te sera dévolue. Peut-être trouverai-je une esquisse de rédemption dans cette totale abnégation. Tu auras mes jambes et mes bras pour te mouvoir, mes mots pour te dire le monde. J’inventerai un langage, compréhensible de nous seuls. A chaque instant de vie, j’extrairai un plaisir pour tes sens en sommeil. Nous parcourrons le monde en quête de beauté convulsive. Je m’insurgerai contre les neurologues qui statueront sur ton état végétatif et je jetterai des pierres aux enfants qui te poursuivront de leurs rires moqueurs.

Tu seras l’idiot du village et moi ton père.


 

Isabelle GUILLOTEAU

 

Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 15:35

 

 

 

Dissonances 18

 

 

Ce numéro a été mis en images par Erick MASSÉ

 

 

Edito : 

 

LA TRIPE C'EST CHIC


On peut faire les malins avec nos grosses cervelles et nos bonnes manières, on en est tous sortis, petits, fripés, hurlant, êtres de chair, matière, fruits d'entrailles nous-mêmes irrémédiablement. On s'y était sentis bien : logés au chaud, flottant, stupides et innocents sous perfusion copieuse on y avait germé puis forci et grandi: attentives, enveloppantes, elles s'étaient distendues et nous avaient nourris tout ce qu'il avait fallu pour, sans nous avertir, nous expulser soudain et, en contrepartie des services rendus, nous condamner dès lors à devoir composer sans cesse avec les nôtres - leur clones, nos dedans - qu'il faudrait contenter quasi à chaque instant sous peine de les faire se nouer ou s'agiter, d'en souffrir tout de suite et très concrètement, de se mettre en danger : nous serions désormais esclaves de nos tripes. Car, comme les dieux anciens, celles-ci sont capricieuses, puissantes et sans pitié. Elles exigent comme eux de constants sacrifices et se rappellent durement à qui les négligerait. Dissonances 18 au contraire s'en empare, s'en pare et les célèbre, gonflé à trente-deux pages où vingt-et-un auteurs se sont ouverts en grand pour déballer les leurs.


 

Jean-Marc FLAPP

 

 

Sommaire :

 

Rapport d'A. de Guillaume VISSAC

 

Problème Majeur de Lionel FONDEVILLE

 

Vomissures de Michel REYNAUD

 

Genèse de la Procréation in vacuum de Eric DEJAEGER

 

Chant des entrailles qui plus ne chient de Pier Mayer-Dantec

 

L'Entaille de Pierre de Tristan FELIX

 

Celle qui Manque de Cathy GARCIA

 

Mula d'Alban ORSINI

 

Petit Précis de l'Entraille de Yann DALL'AGLIO

 

Nothing Important Happened Today de Rodrigue VERON

 

Les Fruits Gâtés de Vos d'Elodie Le Bail

 

Détricoter mes entrailles de Marlène T

 

Biographie de la Pudeur d'Alban LECUYER

 

Prise de Pouvoir de Marc BONETTO

 

Mes Abats de Cendres LAVY

 

Adoravoration de Basile ROUCHIN

 

Back Inside de Loïc MARCHAND

 

Chiarogne de Sylvio SOBRAL

 

Mon Ventre Rose de Milady RENOIR

 

Ventre à Terre de Jean-Marc FLAPP

 

Dernier Mouvement d'Alain GIORGETTI

 

Questions à : Hubert HADDAD

 

Regards Croisés : Jérôme (Jean-Pierre MARTINET)

 

Fenêtre sur : les Editions HERMAPHRODITE

 

A lire, à voir, à ouïr


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