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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 22:54

 

dissonances 28


aura pour thème

 

"ailleurs"

 

et sera mis en images par

 

laurent nicolas

 

daumesnil nb

 

les propositions de textes


  (inédits, format word, max. 9000 signes espaces compris)


  sont à envoyer


  à


  dissonons@yahoo.fr


  avant le 7 février


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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 22:53

 

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 21:07

 

 

Dissonances 27

 

Ce numéro a été mis en images par Frédérique LOUTZ

 


EDITO: 


Grandes lignes d'une vie sexuelle détonnante

 

Ma mémoire est un peu défaillante mais je crois pouvoir comptabiliser une amante ¼. Mon zizi est gros comme celui d’un nouveau-né, ce qui ne m’empêche pas de me débrouiller. En gardant mon froc, je peux faire décoller une fille très très haut. La langue d'un poète, pour les orgasmes électriques, c’est hyper pertinent. Il y a quinze ans, j’ai ramé transatlantique pour réveiller ma nana au plumard. J’ai essayé toutes les positions du manuel pour finalement laisser tomber l’affaire. Sa chatte me fascinait, mais elle s’emmerdait tellement pendant les coïts qu’elle me laissait juste faire pendant qu’elle regardait Derrick. Dix ans plus tard, je mis un jour un coup de pied dans un buisson et huit nymphomanes en sortirent. J’ai choisi la plus ronde. A l’acmé, son visage devenait celui d’une suppliciée, elle hurlait comme une bête qu’on éviscère et retombait sur le lit comme morte : je flippais à fond, parce que je croyais vraiment qu’elle était morte, sauf qu’à peine sortie du coma où je l’avais plongée avec mon micro-pénis, elle me disait « Encore ! ». Depuis 2005, ma sexualité est en sommeil. Je pensais même que c’en était fini définitivement quand mon ami Flapp m’a dit « C’est ton tour pour l’édito : Orgasmes ! ». Là, j’ai pensé à nos quatre-cents lectrices-lecteurs, à nos vingt-et-un auteurs, je les ai emboîtés dans tous les sens en une partouze démentielle. Plein de combinaisons possibles. La vision était trop belle : j’ai lâché un petit grognement en polluant mon slibard.

 

Christophe ESNAULT

 

 

SOMMAIRE:  

 

DOSSIER : « ORGASMES »

 

Egoïste (Clément DESPAS)

"Ma toute belle se renverse et, m’agrippant aux fesses, elle se fend et m’enfonce, d’un seul coup, jusqu’au bout. J’y ai à peine le temps d’un éblouissement que Tu fais quoi ?elle active : concentrée - les yeux clos - elle reflue, me reprend, me repousse, me retient, m‘aspire de nouveau jusqu’au plus profond d’elle d’où remonte…"

  

L'infixable solennité du jouir (Blandine FAURÉ)

"Je n’ai aucun souvenir de mon premier orgasme. Age, partenaire ou absence de partenaire, lieu, position, affiches scotchées au mur, larmes post-coïtales, forme du sexe ou des doigts… C’est la première fois que j’ai à faire à un tel trou noir dans l’histoire de mes souvenirs, comme si la première jouissance débordait largement la..."

 

Tractus optique(Xavier BONNIN)

 "Homme penché, d’entre les âges, d’entre la terre retournée, tu marches par devers les abîmes, membres croisés puis décroisés. / Glisses le long de la rambarde, manques de t’effondrer, plisses les yeux, puis te redresses et te diriges vers le passage intérieur qui borde le canal, sous l’avenue. / Tu serres entre tes mains..."

 

Something's got to give (LE GOLVAN)

 "On est en avril 62, elle fait un passage pulsionnel à Paris pour fuir ses soucis de contrats, les tournages dramatiques, le procès. Lui traîne son ombre sur les quais. Il est tard, il ne veut pas rentrer. Voulait-il se foutre à l’eau, qui sait ? Et là, un cul vaste comme le monde, un imper clair comme un sac portant en baluchon ce cul total..."

 

Vas-y Jackie ! (Jean-Marc FLAPP)

 "Il est neuf heures pétantes quand Jackie pousse la porte de la salle de sport. Cinq minutes d’échauffement au rameur bien à fond et, quittant son jogging, Jackie nous apparaît en toute majesté, Venus Musculatorau torse colossal auquel est ajusté un micro-débardeur portant mention The One, les jambes et les bras (de taureau..."

 

Par où tu passes (Philippe GUERRY)

 "Tu me parles toujours des mêmes paysages. Un ruisseau qui serpente, qui te chatouille les orteils, puis des ruisseaux, arrivant de partout, qui se concentrent pour faire des vagues, des petites vagues d'abord, qui font frémir tes mollets et font te mordre les lèvres, puis des vagues moyennes – et tu mimes alors de tout ton corps le ..."

 

Le Chant de sa tête contre le mur (Thomas BRAUN)

 "Elle a posé la bouteille de vodka / Et s’est mise à pleurer. / Le salon était triste et encore rempli / Des cris et des larmes des heures passées. / La nuit était là et détériorait tout / La nuit était atroce et n’en finissait plus / Depuis combien de temps si longue / La nuit avait commencé par des cris / Enfermés dans l’appartement, dans le..."

 

Wanking-class hero (WB)

"L'embarras de mon pote quand sa copine découvrit la cassette dans le
magnétoscope / "c'était un jour où tu n'étais pas là" / l'embarras terrible - mais drôle / quand sa copine m'a demandé mon avis / j'ai toujours bouffé du porno / internet c'est avant tout ça / l'annuaire et le porno / le wiki l'open source les geeks
..."



Plic (Véronique CORME)

 "Couloir silencieux. Tomettes. Demi-jour. Femme adossée. Homme à peine appuyé contre elle. Je ne sais pas ce que je fais. Membre dilaté tiré hors de son enveloppe textile. Verge défroquée qui hoquette un orgasme. Foutre tombant sur..."

 

Jouir, tenir (Cédric BONFILS)

 "La nuit se retire/ Ton orage de désir insatisfait/ Et le mystère de cette hargne haine / Réveillé bandant agité de vertiges et cauchemars/ Tes sueurs partout sur l’oreiller la couette/ Les murs peut-être humides à force/ Le corps flou assemblage comme dans le brouillard de pièces détachées/ Combien de fois as-tu cherché..." 

 

Stellaire (Ghislaine LE DIZÈS)

 "Elle avait baisé avant, elle avait fait l’amour avant, elle avait joui avant./ Mais c’est lui qui l’a rendue femme./ Il la dilate si fort, si large, et si profond quand il est en elle. Il provoque l’extase des larmes. Il l’entoure, il la protège. De son buste large il l’enveloppe toute entière. La dilatation qu’elle sent alors autour d’elle est semblable à celle qu’elle ressent à..."

 

L'appel des appels (Virginie HOLAIND)

 "L'orgasme, franchement c'est facile./ Ça crie un peu dans l'entre-jambes, ça se joue appel des appels./ Ben oui, c'est facile./ On craint la lutte, l'échauffement, mais on se brûle./ On s'écoute, on s'affole. Et puis quoi, l'orgasme, c'est le pain du pauvre./ Ça comble les interstices, ça donne de la matière./ C'est le charbon, c'est..." 

 

Anatomies parallèles (Samuel LÉVÊQUE)

 "Dans les rêves d’Aria, elle courait en robe fourreau, sur un gigantesque green, swinguant avec des battes hypertrophiées dans des balles d’or qui s’élevaient en l’air, répandant paillettes et arcs-en-ciel sur son visage, et sur le visage de cette poupée masculine qui lui ressemblait étrangement. Parfois, enfin, elle plongeait dans..."

 

rgsm (Jean-Marc GOUGEON)

 "allez savoir le pourquoi de tant de plaisirs/ ils les ont tant cherchés en eux-mêmes/ jusqu’à ce que la tête se fende/ d’une quête primale/ entre les jambes/ en bordure des plaisirs planifiés/ palpite la peau dès que le cri arrive/ à monter si haut qu’il ne reste plus/ que des lambeaux qui tombent/ sur les yeux gourds/ tout..."

 

Six ans et balançoire (Catherine SERRE)

 "Deux anneaux blancs dans des spirales de fer/ Deux cordes rêches sèches coupantes/ Balançoire au jardin/ Au vent/ Et à la force/ Promesse d'envolée/ Six ans et balançoire/ Toute excitée de prunes/ Et de ciel/ Les caresses du vent/ La jupe se relève/ Et ça siffle aux oreilles/ Et le ciel/ Et les prunes/ Balançoire à..."

 

La Pen à jouir (Arielle LACAZZI)

 "Je revois le mur sur lequel ces mots peints à la hâte, d’une taille démesurée : « Je suis homme avant d’être Français » et la fierté que je concevais d’en comprendre le sens, chaque fois renouvelée, lorsque notre voiture le longeait, tout près des quais de Seine. Par contre, celui qui portait l’inscription « Le Pen à jouir », à la..."

 

Brèche (Charles DESAILLY)

 "Aimer l’haleine de cette ville/ fétide et longue/ les murs aux senteurs d’urine/ toute cette vulve béante/ vomissant des veaux/ aux couilles ordurières./ Les ruines graphiques/ dressent un décor du désastre./ Nos amours sont lavés par l’ennui/ et nous donnons naissance/ à des clones autistes./ Un peu de sperme dans..."

  

Organismes vivants (Sandrine CUZZUCOLI)

 "Or, faire l’amour. Organismes vivants, individus, or dans les corps, corps organisés, menés par les orgues de barbaries qui chantent, chutent les corps mais tendus, bien tendus les gonades enivrées que nous sommes avant l’eau qui coule, avant, l’eau dort, les os ne sont plus qu’un vieux souvenir. Les points titillés la peau..."

  

Sex-teto (Samantha BARENDSON)

 "Fermement ses mains l’enserrent, caressent ses anches libres, pénètrent dans le cuir, se chauffentet se dilatent au gré des tessitures, baisant le bois, les nacres, l’acier ou le laiton. Une fois encore, Astor s’accouple au bandonéon. Et les groupies argentines regardent son soufflet grandir et s’allonger, revenir et diminuer, enfler pour..."

  

A corps perdus (Tristan FELIX)

 "- Hors ma vue, résidu de culbute! Pas d’histoires entre nous. La mort n’en a pas. Tu tripotes encore la vie, avec tes gants de vierge moite. Essaie-les en peau de verge retournée, tu pâliras. Il ne faut avoir d’yeux qu’en face des trous mais toi, tu ne l’as même pas creusé ton trou. Tu en es à racler ta première couche. Disparais de..."

  

Des chiots baveux (Thomas ROUSSOT)

 "Il prépare sa pipe à défonce, les canettes s'entassent, l'ivresse le couche à l'horizontale, rêve de pénétrations taxées. Préviens-la quand tu vas jouir, il sent que ça vient, elle avale tout, il stoppe sa remembrance./ Quoi de neuf ? Rien. Alors casser l'aquarium, le téléviseur, les nouvelles du monde. Une fille étale sa coke sur..."

 

 

PORTFOLIO :

 

IMAGES de Frédérique LOUTZ(voir « albums »)

 

 

RUBRIQUES :

 

DISPERSION (« Orgasmes »et littérature)

"Nous nous allongeons ensemble et faisons l’amour, doucement, tendrement, nous nageons en plein amour, et pour la première fois, l’orgasme m’envahit par surprise, sans que j’y pense, presque paisiblement, comme une aube qui se lève lentement, un lent épanouissement né de l’abandon, de la décontraction, né du non-être." (Anaïs NIN)

 

DISSECTION (questions à) : Ivar CH'VAVAR

"Que faites-vous quand vous n’écrivez pas ? En réalité je n’écris jamais, presque jamais. Je n’ai rien écrit depuis plus de deux ans. Il se trouve donc que cette question n’a pas grand sens pour moi" 

 

DISJONCTION (regards croisés sur) : « BRÉVIAIRE DU CHAOS »(Albert CARACO)

"« J'élève un chant de mort et je salue le chaos montant de l'abîme et la terreur antique revenue du fond des âges ! » De fait : les cent-vingt textes d'une page qui constituent l'ensemble du Bréviaire du chaossont un sommet inouï de poésie barbare tendance Fin des temps en même temps qu'autant..." 

 

DISSIDENCES (coups de cœur de lecture)

« LES JALOUSIES » (Diane BRASSEUR) - éd. Allary, 2014

« AUJOURD'HUI L'ABÎME » (Jérôme BACCELLI) - éd. Le Nouvel Attila, 2014

« GROSSES JOIES » (Jean CAGNARD) - éd. Gaïa, 2014

« PIERRES QUE LA MER A CONSUMÉES » (Laurent CENNAMO) - éd. Samizdat, 2013

« FRÉDÉRICK » (Thierry CLAIR-VICTOR) éd. De Soledade, 2013

« EN FIN DE DROITS » (Yvon Le MEN) - éd. Bruno Doucey, 2014

« CORDEL CHEMINOT » (Fred SOCHARD) - éd. Les Arêtes, 2012

« ARISKO PALACE » (Ritta BADDOURA) - éd. Plaine Page, 2013

 

DISGRESSION (aller voir ailleurs)

Judith SCOTT par Anne MONTEIL-BAUER

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 21:03

 

Egoïste

 

LA043 nb

 

Ma toute belle se renverse et, m’agrippant aux fesses, elle se fend et m’enfonce, d’un seul coup, jusqu’au bout. J’y ai à peine le temps d’un éblouissement que Tu fais quoi ? elle active : concentrée - les yeux clos - elle reflue, me reprend, me repousse, me retient, m‘aspire de nouveau jusqu’au plus profond d’elle d’où remonte cerâleque je ne connais que trop et je me dis que peut-être… mais c’est trop tard déjà : son désir est la loi et ne me reste plus qu’à contrôler le mien (pas venir avant elle ou j’imagine même pas) puis assumer après. J’entre donc dans sa danse, m’insinue dans son rythme, y colle, le soutiens, l’amplifie, m’y soustrais (et elle passe alors du râleau grognement, une partie de moi criant Arrête là ! mais le peu de raison qui me restait encore vient de s’évaporer) : je la laisse m’emporter où ma vision se brouille et je sens que je viens alors je la retiens, la maintiens, la regarde, pose les mains sur son ventre qui est dur et palpite et là elle se redresse, me saisit aux épaules, nous bascule et s’empale, s’installant fermement pour le bouquet final, passant du grognementau oui oui oui oui oui ouialors que doucement (je la soulève un peu : elle ruisselle déjà) puis plus fort puis plus fort (la soulevant encore : elle m’inonde le ventre, elle détrempe les draps) ventouse à mon pubis (OUI OUI OUI OUI OUI OUI) elle frotte son bouton (le lit appareillant vers la salle de bains dans un clapotement) et galopant sur moi (à cru : en walkyrie) les yeux écarquillés sur un regard dément elle pilonne elle pilonne, elle s’énerve, elle s’acharne, elle se met à gronder(je m’agrippe à ses hanches) et soudain elle y est : elle se plie se déplie, expire, inspire, se tend, se cambre infiniment… et bouche ouverte immense libère l’Ultrason : le miroir de l’armoire l’ampoule de la lampe et la fenêtre explosent, d’autres fenêtres dehors puis crissements de pneus et froissements de tôle, une explosion, une autre, un grand crépitement et la panne générale plonge la ville dans le noir… Etrangère à tout ça, ma folle foudroyée s’abat alors sur moi. Je l’écoute haleter tout près de mon oreille avec autour de nous des hurlements de chiens, des sirènes de pompiers. Je me demande où elle est. Ce qui l’a traversée. Je trouve que tout de même… Je chuchote Bon sang, t’es vraiment obligée ?Elle me répond même pas (peut-être elle dort déjà).

 

       Clément DESPAS


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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 20:48

 

   Stellaire

 

 © Frédérique Loutz

 

Elle avait baisé avant, elle avait fait l’amour avant, elle avait joui avant.

Mais c’est lui qui l’a rendue femme.

Il la dilate si fort, si large, et si profond quand il est en elle. Il provoque l’extase des larmes. Il l’entoure, il la protège. De son buste large il l’enveloppe toute entière. La dilatation qu’elle sent alors autour d’elle est semblable à celle qu’elle ressent à l’intérieur. Elle n’est plus rien. Elle est tout. Pistil. Corolle. Coquelicot de moire à la fragilité extrême qu’aucune montagne pourtant ne griffe ou n’effleure.

Cet homme lui a retiré la peur, il a déraciné sa peur. Sa peur profonde, viscérale, qui tient aux fibres de la chair aussi solidement, sournoisement que des crocs de chiendent, elle ne l’a plus. Retirée. Expurgée.

Pour la première fois de sa vie elle a confiance. Parce qu’elle a confiance, elle s’est livrée à lui tout entière, jusqu’à l’extase des larmes.

En se plantant en elle, il lui a donné une racine d’ivoire.

Elle a envie de prendre sa tête large et osseuse dans ses mains ; à pleine poignée de cheveux drus.

Tandis qu’il s’enfonce profondément dans son ventre, par la force de son rêve de femme, elle le caresse et le déguste de la chaleur gourmande de sa bouche.

Elle crie presque jusqu’aux étoiles. Le vit qui source dans son ventre remonte le long de son corps, la transperce toute entière. Une immense quiétude l’envahit, ses joues sont inondées du miroir qui se déverse depuis l’émoi intérieur. Des perles saillies de ses yeux roulent sur son visage.

Elle se sent unifiée. C’est plus qu’un orgasme physique. C’est une réconciliation et une résurrection. Il est en elle, mais c’est elle qui se fond en lui. Elle s’immerge dans les cellules de son amant. Ils sont devenus liquides, deux vasques unies flottent sur une terre d’asile.

Elle l’aime à en crever et à en vivre, à en devenir éternelle, parce qu’il possède ces paillettes de corail blanc, ces faisceaux de laitance, de semences, qu’il lui déverse au fond du ventre à chaque fois qu’il lui fait l’amour.

Une des semences creusée si profond, bellement dilatée, éclaboussée de lumière, prend germe. Son cœur bat. Elle se sent emplie d’une joie très humaine et suffocante. Elle n’y croyait plus depuis des millénaires.

Lorsqu’il la prend, une substance pulvérulenteblanche éclate au fond de son ventre.

Tandis qu’il bouge en elle, elle rêve de foin, de bottes de paille. Un homme jeune y prend une jeune fille. C’était il y a longtemps, et ils faisaient l’amour dans les herbes jaunes.

Quand Mars éclate en elle, elle devient une mer. Une écume.

Une supernova blanche explose au fond de son ventre, dans son utérus, et se met à l’emplir tout entière.

La supernova a des bras, des ailes, des cils. Elle se distille à l’intérieur d’elle comme un nuage de lait ou de farine.

Elle serre l’homme contre sa peau. Elle serre l’homme qui la comble de sa chair. De sa chair rouge qui bouge en elle. De sa chair blanche qui est autour d’elle. Elle hurle jusqu’aux étoiles. Elle n’a jamais joui aussi fort.

 

        Ghislaine LE DIZÈS


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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:35

 

 

Dissonances 26Ce numéro a été mis en images par Elena VIEILLARD

 

 

EDITO: 

 

Paradoxe animal

 

On les aime, on les mange, ils nous fascinent, nous effraient, et à mesure que s’accroit la distance entre notre univers bétonné et leur milieu naturel, nous les découvrons toujours plus proches de nous. Quoi de plus paradoxal que notre rapport à l’animal ? La frontière qui nous en sépare semble si ténue qu’on se demande si elle subsiste vraiment. Cette frontière pourtant existe, la parole l’érige et la transgresse dans un même mouvement, exprime notre empathie pour la créature blessée, fait surgir la bête humaine que nous portons tous mais signale, par là-même, une différence indépassable. On aura beau faire, le regard porté sur l’animal sera toujours un regard humain. Alors, à quoi ressemble-t-il cet humanimal que le langage exile de son royaume ? Vingt et un auteurs, toutes espèces confondues, cherchent à le débusquer pour surprendre sa douce férocité, sa familière étrangeté, son incompréhensible évidence. Drôle d’oiseau, donc, que ce 26èmenuméro de Dissonances qui, pour sa parade printanière, s’offre une nouvelle maquette, s’enrichit de 8 pages et de deux rubriques. Puisse le lecteur trouver son chemin, et son bonheur, dans cette jungle d’images et de mots.

 

Côme FREDAIGUE

 

 

SOMMAIRE:  

 

DOSSIER : « ANIMAL(S) »

 

De tout homme (Corinne LOVERA VITALI)

"Au début de leur correspondance et pendant un certain temps Virginia qui s’appelait encore Stephens avant de nommer leur couple les Loups quand elle écrivait à Leonard orthographiait son nom en Wolf. J’ai recommencé à lire Virginia hier soir juste après avoir décidé que j’allais adopter un chat. Elle est encore très..."

  

La plus belle chose au monde (Laura VAZQUEZ)

"La plus belle des choses qui soit du monde et de moi-même, la plus belle des choses qui soit, je peux dire que c’est l’animal, l’animal est la plus belle des choses qui soit du monde et de moi-même, il est la plus belle des choses qui soit parce que je le regarde et parce que je vois qu’il est la plus belle des choses qui...."

 

Lol's cats (Emma MOULIN-DESVERGNES)

 "On m’appelle Lol toute entière, Anima et Persona, la Psyché et le Corps qui la représente. Je me deuxest le verbe manquant pour dire Je suis au plus près du vrai, au ras du vrai. Le rat du réel, parlons-en, qui grignote l’image. Pour lui faire la peau, j’ai engagé deux chats - Phantasmo et Amnesia - mais le rat est un..."

 

Une petite messe de vide (Samuel DUDOUIT)

 "Sur le mur qui s’effrite, des petits chevaux couleur rouille s’enfuient dans la mousse. Nos forces à nous s’essoufflent un peu. Mourir debout, disait la lettre, mais c’était avant l’averse. Merci d’attendre en salle d’attente, derrière le brouillard. Merci d’attendre encore. On est sur une ligne de front. Les petits chevaux nous..."

 

Cabinet de monstruosités lexicales (Sophie SAULNIER)

 "Tu le sais, Soraya Suturlnier, le problème a toujours été le S. Le S du pluriel, exception ou pas exception et pourquoi on devrait le mettre et pourquoi on ne devrait pas le mettre. Le problème c’est le pluriel et sa logique et l’orthographe française et ce qu’on apprend et ce qu’on n’apprend pas, et la mémoire des listes, et..."

 

La Ferme des Animal(s) (Henrik YOUTH)

 "Onparlait pour 2012 deFinduMonde, et plus raisonnablementdeChangementd’Ère. Laprécédenteauravul’avènementdelEnfantJésus, etavecluiladernièredes Sectes duSoleildevenuereligion. Onadmettraquecettenouvelleentitéadministrales 2000dernières pages denotrehistoire.Sociétés patriarcales..."

 

La grande profondeur (Aliénor DEBROCQ)

 "Un singe ou un ours ? Elle le regarde depuis un moment et elle se demande : un singe ou un ours ? Ou bien peut-être un gros chien, tout simplement ? Un gros chien sans queue ? Où est ta queue, gros chien ? Où donc est ta queue ? Ce serait une jolie entrée en matière, ça, certainement, de lui parler de sa queue. Son absence de..."

 

Le loup (Jacques SICARD)

"Missouri, sud-ouest, plateau de l’Ozark. Un bois - plutôt, un ossuaire de chênes et de noyers - hauts épouvantails de calcaire ligneux et tendre que le vent glacial balance au-dessus de l’écureuil - confondu avec l’écorce grise dont il est, alternant le vif et le mort, la griffe rétractile. Une maison - aux airs de..."



Manimal (Grégory NOIROT)

 "L'animalcule que voilà, comme un pan qui s'ouvre en toi, et tu tentes d'esquiver l'attaque. « Yse, Yse. »Tu t'enfonces dans ce fauteuil en skaï qui autrefois accueillait les sévices, et regroupes tes souvenirs. La Maison. Vieux. Vieille. Les invités. Aux murs du salon, tu revois les aquarelles que Vieille peignait entre deux..."

 

L'incision du mauvais jouir (Tristan FELIX)

 "Baleineau d’un petit jour, largué de mère écrabouillée, par un très beau bateau broyeur. Tu laisses une mante écarlate dans l’eau, ton premier fichu de mort. Tu as quarante-huit heures pour t’en retourner aux débris de la mer, le temps d'épuiser ta toute mince graisse, parce que du lait tu n’as qu’un..." 

 

L'Animal (Jean-Philippe CAZIER)

 "une ombre, l’animal meurt, innombrable, et meurt, sans territoire dans le monde, les plantes, les animaux, regardent le monde, les yeux des vallées, des flammes, la cendre et la mer regardent, le monde doué de vie, l’éternité de leurs yeux bleus : création inconnue, envahie d’eau marine (autre chose que l’homme se..."

 

Comme des chiens (Guillaume SIAUDEAU)

 "Nous sommes les cabots du monde, l'éternité nous tient en laisse. Chaque jour apporte sa ration de roustes et de croquettes. Une nuit sur deux nous brosse dans le sens du poil. Nous sommes pleins de puces, pleins de petites déceptions qui vont et viennent entre nos vies. Nous suivons les mêmes pistes, flairons les..." 

 

Courants animaux (Philippe JAFFEUX)

 "Une inversion alimenta son intelligence lorsqu’il mangea un animal au lieu d’une bête. / Il prit le nom d’un chien oublié pour se souvenir qu'il était aussi un animal domestiqué./ Il vivait seulement au présent afin que son avenir devienne celui d’un animal disparu./ Notre origine est animale parce que nous sommes les..."

 

L'Alchimère (Yve BRESSANDE)

 "/ je souffle je souffre je je je qui est un deux trois je m'en va au bois petit bois derrière chez qui qui lui baisse ta culotte et baise-moi je m’essouffle la bête est là qui a peur du grand méchant loup pas moi pas moi pas moi qui aboie le soir à la lisière du bois féroces rhinocéros chromés paumés je suis tout à la fois bras en..."

 

La préparation du fugu (Stéphane BERNARD)

 "une sorte de chirurgie pour poisson dans une recette japonaise / a décidé pour moi le modus operandi. / j’écorne donc cette page sur le fugu d’une main qui s’apprête. /

personne dans mes plis ne m’a goûté, / que moi, car j’y prends garde. / c’estpourquoi je m’attèle à la tâche d’une langue, / pour vous, / à l’apprentissage d’un... "

 

Cigale (Jean-Jacques MARIMBERT)

 "Macadam en feu / ciel invisible gouffre/ craquelé faïence/ pâle de ses yeux/ à l'ombre d'un pin/ air par l'oubli dilaté/ de l'eau clapote/ à l'horizon déchirée/ tendue vers l'ailleurs/ qu'en ses élytres/ invoque inlassable/ violon des écorces/ brûlantes et sombres/ la cigale vieil or/ immobile dans/ l'attente du rien/ jamais ne..."

 

Faux-filet (Isabelle MARTIN)

 "À droite, rien. À gauche, rien. Lui, seul. Son ventre n’aspire qu’un seul fumet et cette maison respire l’absence. Vite, il lui faut se hâter, se faufiler par la porte entrouverte et onduler en rasant les murs bleus lavande du couloir, veinule qui débouche, là, sur des dalles rouges. Attention, quelqu’un. Des..."

  

Déclaration (Alban ORSINI)

 "Il me dit être orthodontiste des âmes et précise : "Je remets les idées droites, plus alignées" puis il sourit : ses dents ne sont pas belles. Elles sont tachées et certaines se chevauchent. Nous mangeons des homards dans un petit restaurant du Quartier Latin : dans un aquarium très grand se traînent lamentablement..."

  

Mouches (Michaël GLÜCK)

 "A bien fallu que la mouche précédât, et de beaucoup, l'apparition du bipède humain; a bien fallu qu'elle vînt taquiner mers, rivières, étangs, lacs et ruisseaux pour que, (via oui, mais non, via, saleté de mouche en voilà une autre qui distrait l'organisation de la phrase, le sens et la syntaxe), ce qui fut comme..."

  

Le bestiaire (Guillaume DECOURT)

 "Tu seras ma guenon ma femme primitive

Et tu m’initieras aux rites des gibbons

Agitant sous mon nez ton cul rose bonbon

Aux rythmes saccadés de vos danses lascives..."

  

Coq à l'âne pur porc (Françoise BIGER)

 "Maintenant, il faudrait vraiment un SANGLIER ! Il faudrait comme une hallucination qu’un SANGLIER ! Impromptu, monstrueux, menaçant, sauvage, qu’un SANGLIER ! Surgisse, dévoile soudainement sa tête volumineuse prolongée d’un groin armé des canines hyper et appelées grès en haut, défenses en bas, ces..."

 

 

PORTFOLIO :

 

IMAGES d'Elena VIEILLARD (voir « albums »)

 

 

RUBRIQUES :

 

DISPERSION (« Animal(s) » et littérature)

« Aveugles, ne pissez pas sur le ver luisant ; seul entre tous il se hâte. »

René CHAR, Aromates chasseurs

 

DISSECTION (questions à) : Édith AZAM

"Que faites-vous quand vous n’écrivez pas ? Lorsque je n’écris, je poubelle mes brouillons, ou dessine dessus, pars promener dans les bois, lis, cuisine,écris des mots de droite à gauche, rêve de partir loin, bien loin, d’avoir un jardin, etc…" 

 

DISJONCTION (regards croisés sur) : « SUICIDE » (Édouard LEVÉ)

"Tu as écrit Suicideet puistu t'es pendu : comment le lire, ce livre, sans y chercher des clés ? En te donnant la mort, tu en as fait autre chose que de la littérature : ton écriture sèche, sans affect, émaciée (« Tu avais moins envie de mourir la nuit que le jour et le matin que l'après-midi. »), elle mène à ta mort mais elle..." 

 

DISSIDENCES (coups de cœur de lecture)

« KRACH » (Philippe MALONE) - éd. Quartett, 2013

« CHÂTEAU-ROUGE HÔTEL » (Renaud BUREL) - éd. Allia, 2013

« LE VOYAGE D'ORSANTONE » (Paul DALMAS-ALFONSI) - éd. Elytis, 2013

« ET JE ME SUIS CACHÉ » (G. LACHASSAGNE) - éd. Aux Forges de Vulcain, 2012

« VINGT-SIXIEME ÉTAGE » (Alain BRON) - éd. In Octavo, 2013

« VINGT SONNETS À MARIE STUART » (Joseph BRODSKY) - éd. Les Doigts dans la prose, 2013

« DE L'IMAGE » (Laurent ALBARRACIN) - éd. de l'Attente, 2007

« MUGELIERES » (Moncef GHACHEM) - éd. Apogée, 2013

 

DISGRESSION (aller voir ailleurs)

Le CINÉMA de Jacques SICARD

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:30

 

La préparation du fugu 

 

la Ville brule 2 editionune sorte de chirurgie pour poisson dans une recette japonaise

a décidé pour moi le modus operandi.

j’écorne donc cette page sur le fugu d’une main qui s’apprête.

 

personne dans mes plis ne m’a goûté,

que moi, car j’y prends garde.

c’est pourquoi je m’attèle à la tâche d’une langue,

 

pour vous,

 

à l’apprentissage d’un art de me bonifier

par la séparation, dans le viscère,

du poison de la nacre des chairs,

 

à tenter l’ablation de ce quoi

qui infecterait quoi que ce soit qu’il toucherait.

 

et qui pourtant intouché je respire.

 

je me prépare. je suis des yeux. je tranche.

dans le vif et le moins vif et le mort.

 

je me taille.

je suis.

 

d’autres ont pour eux la biographie du saumon,

qui meurt d’avoir engendré au lieu qui l’a vu naître,

de retour après un long et saumâtre voyage d’instinct comme unique instant.

 

mais moi non. moi j’ai cette page faite sur un métier de bouche,

journal vieux, linceul, où se jettent l’abat, l’humeur d’un poisson venimeux.

 

      Stéphane BERNARD


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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:23

 

 Comme des chiens

 

LesChroniques du metropolitain 3 BD

 

Nous sommes les cabots du monde, l'éternité nous tient en laisse. Chaque jour apporte sa ration de roustes et de croquettes. Une nuit sur deux nous brosse dans le sens du poil. Nous sommes pleins de puces, pleins de petites déceptions qui vont et viennent entre nos vies. Nous suivons les mêmes pistes, flairons les mêmes entourloupes, lapons de temps à autre un peu de quoi tenir. Nous rongeons nos freins, le temps se charge de nos os. L'espoir est un susucre qui se mérite. Parfois les coups de pieds au cul nous permettent d'avancer. Nous sommes fidèles au monde, à sa connerie, à ses promesses, à ses respirations de plus en plus courtes. Nous passons des nuits dehors, à la recherche d'une chaleur, d'une planque, d'une carcasse de rêve contre qui se blottir. Certains de nous ont la rage, ils sont de plus en plus, la bave aux lèvres, à hurler comme des loups. Il faut creuser profond, faire son trou, avant de passer de l'autre côté. Nous marquons nos territoires, montrons les dents dès qu'un ennemi franchit la limite. Il y a belle lurette que nos canines ne servent plus à sourire. Nous crèverons comme des chiens, laissant quelques larmes couler et puis plus rien.

 

      Guillaume SIAUDEAU


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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 14:17

 


lecture mise en musique du texte de Anne Monteil-Bauer publié dans le n°23 de la revue Dissonances http://revuedissonances.over-blog.com/

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 20:26

 

Dissonances 25

 

 

Ce numéro a été mis en images par Gisèle BONIN



EDITO :

 

Fracture ouverte

 

On peut mentir à sa femme ou abuser ses collègues, on peut disparaître sous la douche ou sous les manches longues, rien à faire : la peau n’oublie pas, la peau raconte, la peau ne peut pas fermer sa gueule. Elle contient et absorbe l’inexplicable, on y surprend nos intimités restées inscrites dans la matière. C’est une séance de peeling à 150 euros bâclée pendant un week-end prolongé, et dont on ne dira pas la déception. C’est la marque honteuse d’un bracelet d’hôtel-club ou celle, javellisée, qui trahit les heures de plonge non déclarées à l’arrière d’un resto de banlieue. C’est aussi tout ce à quoi on ressemble, et qui compose la limite entre le soi et le non-soi. Qu’est-ce que la littérature, après tout, sinon l’épiderme plus ou moins opaque, plus ou moins accidenté derrière lequel on se retranche, par lequel on se soustrait au monde ou, au contraire, qu’on arrache pour enfin hurler nos entrailles ? Le 25ème numéro de Dissonances réunit 21 textes qui dépassent la surface vaine des mots pour explorer les limites de ce périmètre dont on ne ressort pas. Le papier que vous tenez entre les mains vieillira, s’abîmera, se froissera peut-être, mais il continuera de raconter nos profondeurs comme une cicatrice ancienne et qui démange encore, longtemps après la disparition du visible. 

 

Alban LÉCUYER

 

SOMMAIRE :  

 

DOSSIER : « LA PEAU »

 

Photographies désinvoltes (Jacques COLY)

"Ötzi,« l’homme des glaces », dont la peau était incisée de traits et de croix. Anciens Égyptiens tatoués de la croix ansée, emblème de la vie et du coït. Prêtres Aztèques qui se perçaient la langue pour communiquer avec les dieux. Galériens français marqués au fer rouge de l’emblème royal de la fleur de lys. Isabeau de Bavière qui..."

  

Peaux des naissances (Lionel FONDEVILLE)

"L’embryon vient par feuilles. D’abord deux : peau et système nerveux / cœur et viscères. Puis s’intercale une troisième feuille : squelette et muscles. Feuilleté, le corps porte jusqu’au bout ce geste pâtissier cent milliards de fois répété, clou enfoncé tant et tant, hybride à la fin, calé au plus ultra. Pure énergie vol au vent, parfait pour du..."

 

Douche froide (Xavier CARRAR)

 "Ton corps. / Nu. / Au fond d’un bac à douche. / Ton corps nu recroquevillé au fond d’un bac à douche. / Blanc. / Impeccable. / Ta peau nue. / Tabassée. / Au fond du bac à douche d’une petite maison de centre-ville. / Propre et bien entretenue. / Avec jardinet. Pour les enfants. / Pour respirer. / En toute quiétude. / Ton corps..."

 

Ta peau (Jean-Louis BERGÈRE)

 "ta peau ta peau ta peau mais arrête un peu avec ça qu’est que tu crois à la fin c’est foutu plié vendu tu la sauveras pas ta peau c’est trop tard depuis le début déjà c’est trop tard t’auras beau t’échiner devant la glace en mettre des tonnes et des tonnes crème de jour sérum concentré à la con ta peau c’est mort ta peau c’est de la..."

 

De l'autre côté (Élodie VALETTE)

 "La peau ils pensent entaille ils pensent coupure ils pensent que ça s’est déchiré que ça se déchire que ça se déchirera que ça pourrit que ça pourrira quand la peau sous le sol quand la peau dans la terre où plus personne pour la toucher pour la gratter pour la faire saigner qu’y a-t-il dessous ? / Ils pensent entaille coupure déchirure..."

 

Consolation à Mme D (Muriel FRIBOULET)

 "Sans lever les yeux elle dit : vous êtes jeune et vigoureuse, Ina. C’est enviable, si vous saviez comme c’est enviable. J’ai pensé encore un de ces maux échappés du vase descellé par la Pandora, la fonction de celui-ci est d’attrister les gens de ce que d’autres nés plus tard vivent et jouissent de leurs jeunes années pendant qu’eux-mêmes..."

 

Divergence (Françoise JOHNEN)

 "On pense / aux lambeaux de peau blanche / des bouleaux / et couchés sur le dos

on dit..."

 

Relevé d'elle (Romain FUSTIER)

"aimes-tu mon corps sous l’orage elle te demande la fenêtre ouverte sur le bruit des premières gouttes qui cliquettent en bas sur la terrasse / elle est exquise ainsi menaçant à tout moment d’éclater les jambes sur ton dos ses mains sur tes fesses de tes lèvres étouffant son cri / a éclaté violemment au milieu des phénomènes..."



Rêve2 (être tatoué) (Frédéric LE MOIGNE)

 "Col de la faucille / j’ai erré / regardant par la fenêtre / neiger / de beaux / bouquetins / parfumés/ la peau piquetée de rose / Une carte postale pour le prof., dans la vallée / - celui-là, ce n’est pas un stylo qui l’épeure ! / (c’était un peu walzérien, ce pub vert-pomme / et dehors le froid, le tabac, une allumette)..."

 

Une broderie (Astrid WALISZEK)

 "Ma peau répète tes mains, tes mots. Que ça. C'est rien, ou presque rien. C'est juste de l'écriture. Même pas - c'est juste de l'écriture dans la tête, avant de tracer les mots sur la feuille. La feuille, ma peau, un peu comme celle de Kafka dans La Colonie pénitentiaire, tu te souviens ? La machine qui d'une aiguille..." 

 

Peau [po] n.f. (desquamation du sens) (Anne MONTEIL-BAUER)

 "Le sac qui maintient mes os tous ensemble / L’endroit où commence la différence entre toi et moi / La terre sur laquelle s’affichent mes chemins / L’étoffe qui plisse un peu plus chaque matin / Le voile qui dérobe la vérité de l’intérieur de moi / La surface tendue du chaos / L’irregardable et le trop regardé / Le velouté du sein qu’il..."

 

Tendre écorchée (Carine PERALS-PUJOL)

 "tu reposes tandis que j'entame le lent parcours de corps ton corps avec l'instrument léger la lame tranchante et aiguisée du scalpel corps ton corps figé dans son sommeil maintenant profond de plus en plus lointain il me faudra - je le sais - creuser mieux pour trouver te trouver et ce qui n'était jusqu'alors qu'un effleurement subtil..." 

 

Sauver sa peau (Isabelle GUILLOTEAU)

 "Depuis quand suis-je ainsi retranchée du monde, affamée, humiliée ? Il y a quelques jours encore, ma mère et mes sœurs tenaient le décompte des journées interminables à assembler des pièces au fond des ateliers, des nuits infernales à trembler sous les cris qui s’échappent des cachots. Mais leurs corps meurtris ont..."

 

Un type marquant (Karl MENGEL)

 "Il a mal au dos. La minette le regarde avec des yeux de merlan frit. Pas besoin de lever la tête de l'aiguille, il sent la fixité dans la hanche, la raideur de la cuisse qui trahit la proie vraiment bête aux aguets. Encore deux minutes et elle va parler. Lui poser une question sans intérêt pour embrayer sur elle-même et s'exhiber dans..."

 

Un texte mal dans sa peau (Derek MUNN)

 "La peau. Tout. Rien. En parler, inventer quelque chose. J'avais une idée. Ça commençait : Mon pauvre, un Land Rover s'enliserait dans tes plis. C'est une femme qui parle. Elle parle en faisant son repassage. Elle râle. Se plaint du temps passé, des coups pris, une vie perdue dans le trop tôt, le trop tard, le trop cher, le trop peu de... "

 

Ici (Yannick TORLINI)

 "ici, nous travaillons l’oubli comme une terre. nous creusons avec nos corps, la roche, la glaise, la racine, l’improbable devenir de. nous creusons la langue, nous creusons, et la guerre creuse notre peau à notre insu. ce front que l’on nomme habitude : matin, attente, quotidien. ici ça va : nous n’avançons plus. l’immonde..."

 

La peau rousse (Jean-Marc THÉVENIN)

 "Pour planer les falots laiteuse peau des rousses / Et farder les scansions / La physique des corps dans le savon qui mousse / Pour une sédation. / Et la peau du crapaud de la peau qu’on retrousse / De la relégation / Le rêve de l’orange en blondes leurs frimousses / Ou des demi-portions. / Ses mains sont allongées où la..."

  

49 pores (Julien BOUTONNIER)

 "« Il paraît par cette description, dit notre Anatomiste, que la peau ne saurait être regardée comme une partie similaire ; il n’y en a même aucune dans nos corps, hors qu’on ne voulût appeler ainsi la Cuticule, qui puisse passer pour telle : les vaisseaux sanguins, les nerfs, & et les tuyaux lymphatiques sont même des..."

  

Ce qu'il y a de plus profond (Lily D. BROOKS)

 "Il y a cette phrase : La peau est ce qu’il y a de plus profond. Et des images, quelques images – j’ignore s’il s’agit de souvenirs ou de projections. J’ai eu à plusieurs reprises l’ombre d’un soupçon. Une intuition. Celle d’avoir été abusée dans l’enfance. J’ignorais d’où me venait cette évidence. Un frisson. Une certitude cutanée..."

  

Dans le bain (Stéphane BERNARD)

 "le renoncement à l’hygiène est un des symptômes. / la crasse isole, met une distance de plus entre soi/ et le reste du monde. / les mues s’agrègent, le futur pourrit sur pied. / c’est à ça que je pense, ici, dans mon bain. / l’eau ondule à peine déplacée / par la respiration légère d’un corps à la nervosité vaincue, presque..."

  

Humeurs (Jacques VINCENT)

 "Déboutonnons nos idéaux déshydratés et frottons nos gibouilles, aimons-nous dans la boue comme des hippopotames, léchons-nous lentement comme deux escargots, deux limaçons en rut qui échangent leurs baves, entortillons nos corps de lombrics en spasmes visqueux. Ainsi dévêtue, vous me plaisez Mère Ubu..."

 

 

RUBRIQUES :

 

QUESTIONS à : CLARO 

 

"Ecrivez-vous plutôt « pour » ou « contre », « dans » ou « hors », « malgré » ou « à propos de » ?  - J’écris contre, tout contre, contre la langue et tout contre la langue. C’est un tango satanique, et la piste de danse, comme la page, ne reste pas vierge longtemps..." 

 

REGARDS CROISÉS sur :  LA PEAU ET LES OS(Georges HYVERNAUD)

 

"« Picolo te reconnaît bien, tu sais, m'a dit Tante Julia. Picolo, c'est le chien. Baveux, chassieux, ignoble, il tremblote sur un coussin. » : dès les premières lignes de La Peau et les os, Hyvernaud dégaine et dégomme, froidement et pas de quartiers, la Famille donc d'abord..."  

 

À SUIVRE... 


LA VIE CRUE (J.-L.RAMBOUR (encres :P. TRÉFOIS)) -éd. Corps Puce, 2011

LIBÉREZ LE FÉMINISME ! (Morgane MERTEUIL) - éd. L'Éditeur, 2012

PARTIR EN GUERRE (Arthur LARRUE) - éd. Allia, 2013

LE PLANCHER (Perrine LE QUERREC) - éd. Les doigts dans la prose, 2013

MOUVEMENT PAR LA FIN (Philippe RAHMY) - éd. Cheyne, 2005

BIENVENU AU BORD (Rodolphe AUTÉ) - éd. P, 2011

 

À LIRE À VOIR À OUÏR (nos auteurs ont aimé…)


"Stéphane BERNARD

- livre : George OPPEN : Poésie complète (José Corti, 2011)

- film : Jacques RIVETTE : La Belle Noiseuse (1991)

- disque : Howard SHORE & Ornette COLEMAN : Naked Lunch - Original Soundtrack (Milan, 1992)..."


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